Des musiciens étudiants

 

Un lieu de formation comme le CFMI, c’est d’abord un lieu constitué par et pour les étudiants.Voici donc un aperçu d’images et de paroles de musiciens-étudiants.

 

Je n’ai pas appris des recettes sur la manière de conduire les séances, mais plutôt une façon de concevoir les choses.  C’est ensuite à moi de donner du sens à mon métier à partir de ces fondements.  Ce que j’apporte aux enfants est en accord avec ma personnalité de musicienne et avec les valeurs que je défends… Les enfants ne sont pas uniquement des interprètes, ils sont aussi compositeurs. Ils créent leur propre musique, une musique qui leur parle et qui leur appartient.   –  Gaelle Toinon

 

 

 

La musique à l’école amène une démarche de l’ordre de   l’émancipation, parce qu’une pratique « dumistique » de la musique est pour moi un moment où l’enfant ne cherche pas La réponse, mais plutôt Sa réponse ; un moment où c’est le chemin, le processus qui compte ; un moment où ce sont sa curiosité et sa créativité qui sont sollicitées ; un moment où l’enfant, la personne, prend autant de plaisir à chercher, tâtonner, que de plaisir à trouver.   –   Elise  Kusméruck  
Nous sommes là pour du savoir être, du sentir être, du entendre être, du aimer être. Il s’agit donc de ne pas juger mais de discerner, d’analyser, de faire émerger plutôt que de montrer. Nous sommes là pour écouter des bribes et faire en sorte qu’elles puissent prendre forme. Certes nous savons, mais si peu eu égard à l’immensité et à la richesse de notre art. Nous aussi nous avons encore à connaître, et c’est dans cet esprit là que nous sommes face aux enfants. Pour cela, encore faut-il soi-même avoir ouvert des portes et vouloir en ouvrir d’autres… – Evelyne Roux

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J’ai envie de reprendre à mon compte cette phrase d’Andy WARHOL :
« Tout le monde est beau ou personne » …

Tout le monde est artiste ou personne
Tout le monde est doué de sensibilité ou personne
Tout le monde a le droit de s’exprimer ou personne
Tout le monde a droit à la culture ou personne
Tout le monde est musicien ou personne  –  Assia MAAMERI-SERRES

Lorsqu’une séance a été particulièrement réussie, lorsqu’on a pu emmener des enfants, des adultes aussi loin que possible au fond d’eux-mêmes, lorsque l’écoute choisie avec soin parmi tant d’autres a touché, ému, a fait s’ouvrir des fenêtres intérieures, lorsque le jeu instrumental, les inventions vocales ont révélé des richesses que l’on n’avait pas même osé envisager, lorsque le chant tenu en commun avec présence, avec chaleur, a laissé un temps de silence, la dernière note flottant encore dans l’air, lorsque enfin un des participant vient me dire son émotion, sa surprise d’avoir ressenti quelque chose de très ancien qu’il croyait perdu ou quelque chose de nouveau qu’il croyait inaccessible, alors je pense à ces vers de William Blake et je me dis que même fugitivement, même partiellement, même infinitésimalement, cette séance a permis à ce quatrain de s’incarner, de n’être plus seulement de la poésie mais une définition du métier de musicien intervenant, de ce métier qui offrirait à quelqu’un d’autre de          « Voir un monde dans un grain de sable      Et un paradis dans une fleur sauvage      Tenir l’infini dans la paume de sa main   Et l’éternité en une heure . . . »  William  BLAKE  –  poète – Augures d’innocence -
Nicolas BRASART | Musicien étudiant au CFMI

 

 

Réfléchir à ce mémoire m’a confirmé l’importance du « bricolage » dans l’élaboration d’une pensée ; qu’elle soit musicale ou non, la démarche est semblable, car il s’agit bien d’accéder à un langage.
Ce que je retire finalement de ma réflexion sur l’identité culturelle, c’est qu’au-delà de l’identité qui demeure une problématique narcissique mais nécessaire, il s’agit bien de se tenir debout par la pensée ! La musique est un chemin possible pour y accéder !  –  Monique Page

 

La polyphonie des avis, des expressions, des expériences partagées, les vitesses croisées des différentes réactions, rejoignent le rapport entre la perception singulière qu’on a de l’œuvre et l’œuvre elle-même. Les autres arts constituent une infinité de possibilités d’expériences diverses susceptibles d’enrichir, de diversifier ou d’approfondir nos perceptions et altérations musicales.  – Anaëlle Blanc

 

L’artiste intervenant, dans le contexte de la création en milieu scolaire, est un indicateur de détours, un moteur qui laisse du jeu dans la transmission, et du temps à la rêverie, un chercheur de valeurs.  (…) L’œuvre est la séance, qui s’empare de l’institution « heure de cours », devenue à la fois temps de création et objet créé. –  Simon Sanchis

 

L’art c’est ce qui ouvre les yeux, c’est une manière de changer de lunettes, nous fait changer le regard sur le monde. Il nous renvoie quelque chose de nous même connu ou inconnu, tel un miroir…  C’est cette capacité aussi d’échapper au plus grand nombre. Il est ce dépassement, nourri par une vérité humaine. C’est vivre l’instant présent ici et maintenant. Il nous permet d’appréhender l’espace temps comme « fantastique » donc comme une qualité. Il permet de décrocher avec le quotidien. Il n’imite pas la réalité mais ouvre un espace qui permet de la mettre à distance. (….) L’art s’éprouve, il ne se prouve pas. –  Nathalie Novak

 

Depuis toujours les mamans savent que leur bébé entend, elles lui parlent, le consolent, lui chantent des chansons… On pourrait dire que l’éveil musical commence là, dans ce partage.
Depuis toujours les mamans savent que leur bébé ne comprend pas exactement ce qu’elles lui disent, mais intuitivement, elles savent qu’il comprend leurs intentions, et tout cela à travers les intonations et les mélodies de leurs voix. Parce que l’éveil musical, l’éveil à la musique, c’est d’abord le partage du plaisir et de l’émotion. –  Lise Pachot

 

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  Jouer avec d’autres va mettre en questionnement de nombreuses choses par rapport à ce que nous sommes en tant qu’être humain à travers notre fait musical. Par l’action musicale, l’individu va alors s’investir dans ce qu’il fait pour donner au mieux ce qu’il a envie d’exprimer. Il va extérioriser ses émotions, ses sentiments et les offrir aux autres. La musique collective, c’est accepter de partager le reflet de soi, de l’offrir à d’autre. – Sandrine Mouchard

 

Avoir un musicien intervenant dans une école, c’est élargir le champ de l’école. Je rappelais au début de ma réflexion que l’école à sa création devrait être un lieu de la culture humaine, un lieu de « culture totale ». (…)  Ainsi l’enseignement musical à l’école serait relatif à un choix de société, faisant du musicien intervenant un élément subversif, nécessaire à une confrontation positive. –  Robin Limoges

 

Le jeu permet à l’enfant de rejouer à faire le monde afin de l’apprivoiser, d’élargir et de renforcer sa maîtrise de l’environnement. En jouant il découvre et exprime ses désirs. L’enfant peut éliminer ce qui ne lui ressemble pas et conserver ce qui lui convient, créant ainsi et s’appropriant ses propres références pour l’avenir. C’est dans cet espace où se déploie sa capacité d’illusion qu’il fait l’expérience de la liberté et de penser par lui-même. (…) Pour moi, musicienne intervenante, cela exige alors une véritable présence pour capter l’imprévu, se préparer à accueillir de nouvelles propositions, amener les enfants à opérer des choix afin d’améliorer l’interprétation, l’intention du geste, du jeu instrumental et vocal. C’est une exigence de qualité musicale qui est en jeu. Pour pouvoir s’ouvrir à ce qui se vit « ici et maintenant », et qui est offert par l’enfant en plein état de jeu, il faut s’en remettre au vécu de la sensation, et sans doute renouer avec cette part d’enfant qui est en nous.- Anabelle Galat-Zarow

 

Il apparaît donc primordial de varier les approches dans le souci de nourrir la sensation, dans une perspective d’ouverture toujours plus grande de la dimension onirique. Le rêve est recommandable ! (…)  Amener la musique à l’école, c’est permettre l’accès à l’art pour chacun. La matière artistique étant fondamentale puisqu’elle offre le moyen de s’exprimer qui s’appuie sur une poétique de la vie. Les enjeux sont le plaisir, la prise de risque (oser se dépasser), le partage et la confiance.                                               Soizic Drogueux

 

Apprendre en expérimentant, c’est donner un sens à ce que l’on apprend pour mieux l’intérioriser. Quand tout le corps est mis en jeu, l’enfant est plus fortement impliqué et participe pleinement à la construction des notions apprises, il est acteur de ses apprentissages. (…)  La sensation corporelle permet d’appréhender des notions dont l’abstraction sera ensuite facilitée. En fait, ces notions ne sont pas abstraites, elles sont très concrètes ; c’est l’écriture, leur conception, les dire qui est abstraite. Passer par le mouvement, c’est retrouver le fondement de cette abstraction. (…) Le corps devient donc le vecteur des apprentissages, ainsi apprendre ne signifie plus remplir des têtes vides, mais vivre et communiquer. – Aurélie Fabre

 

S’exposer à l’incertitude de la rencontre, c’est aussi s’arracher à la répétition du même, de l’identique, de l’appartenance. –  Monique Page