Musiques traditionnelles

Cultures et territoires

 

 

 

LeCFMI de l’Université de Poitiers met un accent particulier sur le travail des musiques traditionnelles et improvisées.

Non pas parce qu’elles sont plus belles que les autres,

mais parce qu’elles mettent en jeu un rapport à l’acte musical pertinent

pour ce métier de médiateur musical :                         

                         Oralité, formation de l’écoute,

 rapport à la danse et au jeu collectif,

 capacité à inventer  les solutions musicales à une situation.

Ce travail est bien sûr en lien avec les questions de culture et de cultures,

    de choix de répertoire dans tous les styles, de la chanson à la musique contemporaine.

 

                                        

Rondo des Landes

    Les enfants aussi…

          

Rencontrer les musiques traditionnelles, et en particulier les musiques dites « du monde », c’est aussi rencontrer la culture de l’autre, ce qui n’est pas toujours si évident. Diverses situations ou voyages permettent d’aborder cette question.

 

« Les expressions culturelles des peuples du monde, les musiques dans le cas qui nous préoccupe, et en particulier celles des populations du tiers monde, sont en passe de devenir aussi de vulgaires produits de consommation, au même titre que ces spécialités culinaires exotiques surgelées dont on a toutefois pris soin  d’adapter le goût à nos palais.

…Mais, pire qu’un divertissement sensitif sans lendemain, le concept « musiques du monde », dans sa dérive actuelle, dissimule et banalise une nouvelle forme d’impérialisme, une des plus insidieuses qui soient : le colonialisme culturel.»

                                                                                       Eddy  PENNEWAERT

in « musiques du monde, produits de consommation ? »

éditions COLOPHON

 

 

 

                   

Soirée léwoz en Guadeloupe…                      

 

Reproduire à l’identique la musique du passé, sous prétexte qu’elle est traditionnelle, est un total non sens, c’est en contradiction directe avec ses propres conditions d’existence. Une musique traditionnelle n’est pas l’image d’un passé musical demeuré intact, elle ne peut surtout pas être représentée par une photographie d’un instant  « t » de l’histoire d’un peuple !  C’est plutôt un film, ininterrompu depuis l’aube de l’humanité, où c’est le scénario qui suit les personnages et non l’inverse. 

Florian VALLET – musicien étudiant

 

  Les musiciens et chanteurs du milieu des musiques traditionnelles qui sont venus au CFMI m’ont fait découvrir et apprécier ce domaine car ils me l’ont passé avec beaucoup de passion. Ils ont su capter ma sensibilité. Je n’avais pas de préjugés sur ces musiques, je ne les connaissais pas et ne m’y intéressais pas. J’ai découvert des cultures différentes et me suis ouvert à des musiques dont j’ignorais totalement l’existence et dont j’aime le discours musical. 

Maxime DANCRE – musicien étudiant


     Rencontre en Roumanie

 

 

    Visite de l’école Kodály, Kecskemét, Hongrie

 

Beaucoup de pays permettent de rencontrer des formes de l’éducation musicale différentes de celles que nous avons en France. Qu’elles soient traditionnelles ou institutionnelles, elles apportent des éléments souvent essentiels à la recherche menée avec les étudiants du CFMI dans ce domaine.

 

 

 Dans une école d’Agouraï au Maroc  

 

 

 

  à Plovdiv, Bulgarie 

 

 

 

En concert, à Betanzos, Galice, Espagne

 

   En Nouvelle Calédonie

 

 

 

En spectacle jeune public au Moule, Guadeloupe

 

Pendant ces deux années de formation, j’ai découvert de nombreuses autres cultures. Je dirai même que j’ai rencontré de nombreuses personnes porteuses de cultures différentes de la mienne. Nous étions tous fiers de notre culture et surtout heureux de rencontrer celle de l’autre…      Dans le « milieu » traditionnel, il y a toujours des personnes qui vont te dire que ce que tu fais n’est pas correct, que cela ne respecte pas la tradition. Mais quelle est la tradition que je ne respecte pas ? La poésie que je joue, je la joue avec mon temps et mes moyens. Que peuvent-ils me reprocher ? 

Bastien CLOCHARD – musicien étudiant

« La mondialisation pour moi c’est le revers négatif de quelque chose de prodigieux que j’appelle la mondialité. Pour moi, la mondialité c’est l’aventure extraordinaire qui nous est donnée à tous de vivre aujourd’hui dans un univers, le monde, qui pour la première fois, réellement et de manière foudroyante, immédiate, sans attendre, se conçoit comme un monde multiple et unique »

Edouard GLISSANT – poète, philosophe         cité par Bastien CLOCHARD – musicien étudiant

 

Ne seraient-ce pas ces « mémoires accumulées » qui résonnent si fort, quand à l’improviste certaines rencontres musicales soudain nous semblent si familières ?…  Simha AROM se réfère à l’inconscient collectif lorsqu’il parle de sa « découverte » des polyphonies pygmées : « Le poids spécifique de cette musique m’atteint quelque part où moi-même je ne m’atteins pas ».

Quelles représentations sont-elles à l’œuvre ? Les traditions orales nous ramènent fréquemment à l’universel… Serait-ce une survivance de mythes fondateurs ou de désir de totalité enfin unifiée ? Ou bien l’art populaire possèderait-il par son jeu de permanence et de variation un formidable outil de culture et de civilisation ? 

Monique PAGE – musicienne étudiante

 

Au festival Xiru, Gotein Libarrenx, Pays Basque

 

Certains musiciens ou collectifs d’artistes ont relevé le défit de défendre des projets artistiques dans des territoires loin des structures culturelles type maison de la culture, théâtre ou maison de quartier. Leur action multiforme ne se contente pas d’évènements ponctuels et va à la rencontre de tous les publics dans toutes sortes de lieux. Le caractère « dumistique » de leur engagement motive le CFMI à s’associer avec les étudiants à certains de ces évènements.

 

     

                                                     Création au moulin de Salles, Landes.

 

Cet ancrage dans le territoire correspond bien à la nature du métier de dumiste qui, rappelons-le, a vocation à travailler pour une mission de service public au sein de la fonction publique territoriale.  Le dumiste met en relation, en mouvement (musical) les différents établissements et organismes culturels d’un territoire, les pratiques et les cultures existantes… il est ainsi un véritable agent de développement culturel local.

Bal à l’occasion de l’assemblée générale de l’UPCP – Métive

 

Le CFMI travaille avec des partenaires régionaux privilégiés.

C’est en particulier le cas de L’UPCP-Métive :

 

L’UPCP-Métive   est une union d’associations créée en 1969 par André Pacher et Michel Valière.

 

Ces associations avaient toutes pour vocation la valorisation des cultures populaires (habitat, musique, danse, langue, gastronomie, etc.) du Poitou et de la Saintonge.

A cette époque, dans différentes régions de France, naît un mouvement de lutte contre une uniformisation de la culture  qui milite pour le droit à la diversité culturelle.

Au début des années 90, le Ministère de la Culture labélise l’UPCP-Métive :

Centre de Musique et Danse Traditionnelle  en Poitou-Charentes et Vendée.

Aujourd’hui, l’association développe un projet autour de 4 axes :  réseaux  documentation

 formation  création – diffusion

 

 

 

 

Le DUMI et les départements

et territoires d’outre mer

 

Le CFMI est missionné par le Ministère de la Culture pour permettre la formation au DUMI des musiciens de l’Outre Mer. Ainsi, il a pu développer les actions suivantes depuis 1999 :

 

 

 

La Réunion : 12 musiciens et musiciennes formés au CFMI, 11 ont obtenu le DUMI entre 1999 et 2003, 10 travaillent à l’Ile de La Réunion ;

« TAPOK » –                   Arno BAZIN guitare                             et  Aldo LEDOUX accordéon      dumistes à la Réunion

 

 

 

Mayotte : 2 musiciens de Mayotte ont suivi la formation au CFMI.

    

                                                                                 Abou CHIHABI    dumiste à Mayotte

Martinique : Diverses actions de formation ont été menées également en Martinique, en attente d’un programme de formation plus conséquent.

        

                                                                                   Quadrille à la Martinique

 

Guadeloupe : 7 musiciens guadeloupéens formés et diplômés au CFMI et en partenariat avec l’IUFM de Guadeloupe. Par ailleurs, plus de 30 musiciens ont suivi quelques éléments de la formation ;

  Jacky JALEME  dumiste

                                                                                                                                                                                   en Guadeloupe

 

Nouvelle-Calédonie : Un programme de formation pour des musiciens de Nouvelle Calédonie est en cours au CFMI. Il est mené en partenariat avec le territoire et le conservatoire de Nouvelle Calédonie. Chaque année, deux étudiants suivent leurs études au CFMI dans le cadre du dispositif Cadre Avenir ou avec une bourse Territoriale de Formation.

      

                                        Giorgy TOUYADA                         Junior  YOUYADA

                                        dumistes en Nouvelle Calédonie

 

 

Juste après notre spectacle, quelques enfants sont venus me voir, intrigués par l’instrument dont je jouais, le violon trompette. Il y eut un court échange entre cette petite fille et moi, mais le souvenir que j’en ai, ce sont ces yeux brillants et ce sourire fendu. Qu’ils soient en France, en Nouvelle-Calédonie ou ailleurs, je crois que c’est pour ces yeux et ce sourire que je fais ce métier. 

Julia DEMAUGÉ-BOST – musicienne étudiante

     

Les circonstances historiques particulières et l’existence de cultures locales très dynamiques unissant les populations dans des pratiques partagées par tous obligent à envisager une organisation spécifique des structures, des finalités et des contenus de formation menant au DUMI. Toutefois, il faut concilier cet impératif avec le respect des règles régissant au niveau national l’accès au DUMI, l’organisation de la formation, son contenu et l’obtention du diplôme.

 

Pour ces raisons, le projet de formation au DUMI pour l’Outre Mer, tout en reprenant l’idée fondamentale d’une culture de base locale commune à tous les intervenants, tente de s’émanciper par tous les moyens possibles des clôtures disciplinaires traditionnelles en permettant aux futurs formés d’élargir leur champ

des connaissances culturelles pendant leur formation, tout comme en métropole.

 

Selon les territoires, les structures existantes, les particularismes et les besoins, selon les volontés politiques, la formation au DUMI pour les musiciens des DOM TOM peut s’organiser de différentes manières.

          

En spectacle dans une école de Nouvelle Calédonie                               Les étudiants chantent Schubert dans la grande case

 

Le travail du CFMI avec différents partenaires outre mer ainsi que la présence au sein des promotions au CFMI de musiciens porteurs de ces cultures sont d’un intérêt exceptionnel pour la formation.

 

Qu’il s’agisse des aspects artistiques,  d’une certaine forme de relation à l’acte musical ou d’une réflexion sur les questions d’identité culturelle, c’est en lien direct avec le concret de cette présence que le travail se fait.

 

D’autre part, cela nous a permis de monter certaines années des projets eux aussi exceptionnels pour les étudiants.

 

La vidéo ci jointe est un  témoignage d’un projet réalisé avec la promotion de deuxième année en novembre 2011 en Nouvelle Calédonie.  Le spectacle musical pour le jeune public que nous avons préparé pour ce projet a été joué 14 fois dans divers cadre, du théâtre à la tribu, de la cour d’école au faré.

 


14 – Projet Kanakie – CFMI Poitiers par dm_51ac39bf96a1e

12 – Thierry – CFMI Poitiers par dm_51ac39bf96a1e

Chant: Thierry THEVENIN  (chanson de Davy Sicard -Réunion)


13 – Bastien – CFMI Poitiers par dm_51ac39bf96a1e

Chant:  Bastien CLOCHARD  (traditionnel – Poitou)


15 – Maroc – CFMI Poitiers par dm_51ac39bf96a1e