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Les lignes fondamentales de recherche portent sur la signification et l’évaluation de la métaphysique (et de ses critiques).

Le corpus initial est la métaphysique allemande et ses critiques (Wolff, Kant et les postkantiens jusqu’à Schopenhauer, Ecole de Francfort, Heidegger, interprétations contemporaines de Hegel). Comme l’exigent des travaux sur la métaphysique, il s’est étendu sur la philosophie grecque antique (Platon, Aristote, Plotin, Proclus, Damascius).

Elles se déploient en un triptyque : épreuve, constitution, jeu.

1) Hegel. L’épreuve de la contingence, Paris, Aubier, 1999 (reparu chez Hermann en août 2013)

D’abord, sur l’ensemble de l’œuvre de Hegel, et dans une problématique (celle de la contingence) utilisée comme révélateur.

La contingence est supposée mettre en cause la puissance de la métaphysique dès son instauration grecque. Hegel est censé être le métaphysicien dont le système implique, par nature, l’élimination du contingent. La méthode aporétique adoptée conjugue lecture externe et lecture interne. La première permet d’intensifier la seconde. Les objections majeures de grands philosophes de langue allemande comme Schelling, Marx, Horkheimer ou Adorno obligent à puiser en quelque sorte dans les réserves de l’œuvre pour mettre à jour ce qui résiste. Le lieu commun d’une éradication de la contingence est démonté. Cela conduit à révéler (en chaque sphère du système : Logique, Philosophie de la nature, Philosophie de l’esprit, Philosophie de l’histoire) une pensée spéculative attentive à la consistance de qui est et pourrait être autre ou n’être pas et à la reconnaissance de la nécessité du contingent et « des limites qu’il impose à la raison » au sein d’une « éleuthériologie » c’est-à-dire d’une pensée de la liberté. Liberté qui, au lieu d’écarter le contingent au profit du nécessaire, fait des figures de la modalité les moments de son plein épanouissent.

2) Hegel, Heidegger et la métaphysique. Recherches pour une constitution, Paris, Vrin, 2004.

Ensuite mettre à l’épreuve ces ressources spéculatives par un « dialogue » avec la lecture heideggérienne de Hegel. Dialogue parce qu’il s’agit d’interroger la mise en question heideggérienne même de deux manières. 1) Dégager non seulement ce qui, dans les textes de Hegel, résiste à la Destruktion et nous permet de l’interroger en retour, mais encore de relativiser le caractère réputé inouï de la pensée de Heidegger lorsqu’on opère notamment une confrontation de la pensée de l’Etre avec des « mê-ontologies » néoplatoniciennes. 2) L’approche effectuée par Heidegger de la métaphysique n’est pas pour autant écartée. Nous recueillons et remanions la thèse heideggérienne d’une constitution (Verfassung) qui permet de cerner l’essence (l’invariant) de la « métaphysique » – là où échouent toutes les tentatives de simple définition, ou plus encore les confusions de la « philosophie éternelle ». Nous tentons de la reformuler en fonction des limites repérées au sein de notre ouvrage et de penser de nouvelles figures de constitutions, les variations des constituants, l’articulation et la mise en œuvre de ces figures.

3) Ouvrage en préparation sous le titre provisoire : Un ‘jeu sérieux’. Exercices ˝hégéliens˝ de philosophie première.

Le dernier volet s’appuie sur le modèle de la constitution onto-prôto-logique se concentre sur l’élément du ˝prôto” c’est-à-dire du principe. Il est à la fois le cœur de la philosophie première et c’est lui qui sert de repoussoir aux pensées qui accusent la métaphysique d’être dominatrice et liberticide. Travailler sur la question du principe ne signifie pas œuvrer à la « restauration » d’une « Métaphysique en gloire ». Nous enregistrons l’incontestable faillite de la métaphysique au sens de discipline dogmatique. Dans cette seule et stricte mesure nous acceptons la thèse de notre condition post-métaphysique. Cependant l’ère post-métaphysique n’est pas a-métaphysique. Nous ne cherchons donc pas à refouler l’exigence rémanente d’une philosophie première mais à y répondre autrement : faire un travail de renouvellement conceptuel en considérant la tradition métaphysique non point comme un poids mort mais comme une source toujours vivifiante.

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