Déroulement de la session 2011 du CAPES externe d’anglais
La session 2011 de tous les CAPES externes se caractérise par une forte baisse du nombre des inscrits (-27%) et des candidats qui ont vraiment composé (51% des inscrits seulement). Plusieurs facteurs contribuent à expliquer cette situation : les nouvelles conditions administratives d’inscription, le calendrier du concours, qui pouvait donner l’impression qu’il y avait deux sessions dans la même année 2010, l’effet de nouveauté des épreuves qui a pu amener certains candidats potentiels à attendre que les épreuves soient bien établies pour engager le lourd travail de préparation au concours. La DGRH du ministère indique aussi qu’au cours des 20 dernières années, il y a toujours eu une baisse des inscriptions chaque fois qu’était annoncée une réduction du nombre de postes mis au concours. Si cette baisse des candidats devait se confirmer dans les années à venir, il faudrait sans doute s’interroger sur l’attractivité du métier de professeur de lycée et de collège, comparé à celui de professeur des écoles, par exemple.
Le CAPES d’anglais n’échappe pas à cette situation : 790 postes au lieu de 900, -25% d’inscrits, 51% des inscrits qui se présentent aux épreuves. Ces variations sont dans la moyenne de tous les CAPES. Pour autant, il n’y avait à l’écrit que 2,1 candidats par poste, alors qu’il y en avait 7 en italien, 5 en espagnol, et, il est vrai, 1,7 en allemand. Le vivier des étudiants qui cherchent à devenir professeurs d’anglais n’est, à l’évidence, pas très fourni. Il faudrait analyser les situations locales pour bien comprendre pourquoi il y avait une quarantaine de présents dans des académies a priori aussi différentes que Caen, la Martinique et Rennes. L’étude du nombre de présents aux épreuves par académie fait ressortir deux phénomènes. D’abord, l’anglais est présent partout, y compris dans des régions où on pourrait penser que les étudiants intéressés par les langues vivantes se tourneraient plutôt vers des langues de proximité. Ainsi y avait-il 100 présents à Aix et 68 à Nice alors qu’ils n’étaient, respectivement, que 49 et 31 pour le CAPES d’italien. 61 candidats se sont présentés au CAPES d’anglais à Strasbourg ; ils n’étaient que 31 pour l’allemand. Par ailleurs, le nombre de candidats présents dans les territoires non-hexagonaux (97 à La Réunion, 45 en Martinique, 20 en Nouvelle Calédonie, 15 en Polynésie, 12 en Guyane) souligne la fonction de promotion sociale et d’intégration que remplit le CAPES. C’est manifestement une vertu de notre système de concours nationaux.
Avec 2,1 candidats par poste, le jury avait, dès l’écrit, le ratio de présents habituel à l’oral. Il a choisi de ne pas pour autant minorer le rôle de l’écrit et a procédé à l’établissement des barèmes et à la double correction des copies avec sa précision et sa vigilance coutumières. Comme c’est le même binôme de correcteurs qui évalue les trois parties de chaque copie de la seconde épreuve (thème, version et explication des choix de traduction), une journée de correction sur place a été organisée sous la conduite des collègues spécialistes de linguistique pour aider tous les correcteurs à se familiariser avec le barème des choix de traduction. Dans les deux épreuves, les correcteurs ont eu la satisfaction de trouver très peu de copies blanches, ce qui suggère que les candidats qui se sont effectivement présentés avaient vraiment préparé le concours. Malgré l’absence de programme, l’application des critères habituels de correction pour le commentaire dirigé a donné des résultats analogues aux années antérieures. En gardant quasiment la même barre d’admissibilité que les 5 années antérieures (5/20 comme en 2007, contre 5,1 en 2008, 2009 et 2010), le jury a pu déclarer admissibles 69% des présents (de 64 à 67% dans les 5 années antérieures). Il y a donc 1142 admissibles pour les 790 postes du CAPES et 136 admissibles pour les 100 postes du CAFEP, avec la même barre d’admissibilité qu’au CAPES.
Le jury n’a, naturellement, aucun a priori sur le nombre des candidats qui pourront être reçus, ce qui doit inciter tous les admissibles à préparer soigneusement l’oral pour se donner les moyens de faire de leur mieux. Ceux qui ont déjà été admissibles à des sessions antérieures devront faire attention aux nouvelles définitions des épreuves, notamment pour la leçon. La première partie reprend la synthèse exigée précédemment dans l’ancienne « épreuve en langue étrangère », mais dans un temps de passage et de préparation plus court. La seconde partie amènera les candidats à définir des objectifs qui pourraient être retenus dans une séquence pédagogique. Lorsque l’un des documents proposés pour la leçon sera une vidéo, les candidats pourront le consulter sur un MP4 pendant tout leur temps de préparation.
Le dossier proposé par le jury pour la première partie de la seconde épreuve (« épreuve sur dossier ») comportera un document audio, afin que soit mobilisée la capacité des candidats à comprendre la langue orale, qui est si importante pour l’apprentissage de l’anglais.
Comme la nouvelle maquette ne limite plus à 1/3 de la note la part accordée à l’évaluation de la langue orale proprement dite, le jury a élaboré une grille d’évaluation associant pertinence du contenu et qualité de la langue orale. Cette grille sera utilisée dans les deux épreuves. Elle évitera que des notes élevées soient attribuées aux candidats qui feraient des analyses pertinentes sans maîtriser correctement l’anglais comme à ceux qui présenteraient dans un excellent anglais une réflexion superficielle. Au total, le jury s’efforcera de conjuguer au mieux les nécessités du recrutement et l’indispensable exigence de qualité.
F. Monnanteuil
Président du jury du CAPES externe d’anglais