L'UFR Sciences Humaines et Arts

Historique

Fin XVème siècle : la construction de l’Hôtel Fumé doit suivre de peu le mariage contracté vers 1471-1474 entre Pierre Fumé et Hilaire Herbert, fille aînée de François Herbert (maire de Poitiers en 1474). François Fumé, fils de Pierre (maire de Poitiers en 1520) fait achever la construction de l’Hôtel, dit de la Prévosté, bel exemple de style gothique flamboyant.

1895
: l’Hôtel Fumé est classé monument historique.

1911
: attribution de l’Hôtel au département de la Vienne.

1918 : à la demande du recteur Léon Pineau, le Conseil général décide d’attribuer gracieusement l’Hôtel Fumé à l’université pour y transférer la Faculté des Lettres, installée place Notre-Dame depuis sa création en 1845. Les travaux de restauration et d’aménagement sont exécutés par les architectes des monuments historiques (MM.Goubet et Brun).

25 juin 1921 : inauguration des locaux en présence du président de la Chambre des députés Raoul Péret (ancien étudiant de l’Université de Poitiers), du Ministre de l’Instruction publique et des beaux-arts Léon Bérard, et du directeur de l’enseignement supérieur Alfred Coville. La Faculté des Lettres devient alors l’une des plus belles facultés de France, comme l’écrit Prosper Boissonnade, élu doyen de la faculté en 1921 : “Nos amphithéâtres, nos salles de cours, nos instituts d’archéologie, d’histoire et de géographie, n’ont rien à envier à ceux de nos émules. Ils complètent l’ensemble harmonieux formé par la belle façade, les salles et les galeries Renaissance qui les précèdent, les terrasses et les jardins qui les encadrent et les prolongent. La Faculté des Lettres a la bonne fortune de posséder l’installation la plus remarquable de notre groupe universitaire“.

« On trouve alors dans le bâtiment sur rue au premier étage, des bureaux, la salle des actes et le cabinet du doyen, meublés de ces cathèdres au dossier si inconfortable que l’on voit encore en ce dernier ! Le bâtiment sur cour abrite des salles de cours […]. Deux ailes asymétriques dessinant une cour intérieure prolongent ce bâtiment sur les jardins à l’ouest : la plus grande, au sud, comprend le vaste amphithéâtre Descartes ; celle du nord abrite l’amphithéâtre Richelieu. » Gérard Nicolini (Hôtel Fumé La restauration de 1995)

Dessin d’Henri Lejeune (1934) -Les bâtiments de l’Hôtel Fumé donnant sur les jardins, qui dominent la vallée de la Boivre


Mai-juin 1940
: à la suite de l’invasion allemande, le gouvernement belge trouve refuge à Poitiers ; le Ministère de l’Instruction publique est installé à la Faculté des Lettres.

Nuit du 12-13 juin 1944 : le bombardement nocturne de la gare et de la vallée de la Boivre par l’aviation anglaise cause des dommages à la façade occidentale de la faculté, mais l’Hôtel Fumé lui-même ne subit pas de dégâts importants. En 1945-46 on relève le mur de clôture des jardins écrasé sur 25 m par une bombe de fort calibre et on répare les dégâts subis par l’amphithéâtre Richelieu.

Hiver 45-46 : on ne chauffe les locaux que trois jours par semaine, mais on se propose de chauffer un jour de plus l’hiver suivant. En 1949-1950 apparaît le projet d’installation du chauffage central pour remplacer la demi-douzaine de poêles à bois qui chauffent les locaux, installation réalisée durant l’année 1950-1951 dans une partie de la faculté. Il est particulièrement apprécié dans la salle Jacques-Moreau où se réunissent les étudiants, décrite comme une glacière.

1948-1949 : la salle de philosophie et ses annexes qui ont beaucoup souffert pendant le bombardement de juin 1944 sont restaurées. Le plafond des greniers qui menace ruine est abattu et les gravats qui se sont accumulés depuis des années sont évacués ; on songe à aménager une salle d’histoire de l’art sous ces combles. L’amphithéâtre Descartes est réparé à neuf ; on y installe une grande toile de X. Roussel : Acis et Galatée pour décorer le mur de fond.

20 mars 1952 : inauguration de la salle d’histoire de l’art.

1952-53 : la faculté commence à connaître des problèmes de place ; dans les années 20 on a acquis la maison du 10 rue René Descartes qui jouxte la faculté, mais qui n’est pas suffisamment grande. On songe à la maison du n°4 qui a plus de dégagement et un jardin qui permettrait des constructions spacieuses à la mesure des besoins. Un budget de 7 millions est déjà prévu pour l’acquisition de la maison et du jardin.

A cette époque, un assistant de littérature française, René Pomeau, futur grand spécialiste de Voltaire et futur membre de l’Institut, décrit l’arrière des bâtiments de l’Hôtel Fumé comme une „descente vertigineuse“ couverte de „bosquets et broussailles“. Mémoires d’un siècle, Fayard, 1999

1954-1955 : début des grands travaux d’agrandissement de la Faculté qui se dérouleront pendant le décanat de Jacques Lavaud (1954-1964) ; une année d’études est demandée par la commission des bâtiments de France ; au cours de l’été 1955, on procède aux sondages de terrains nécessaires à l’établissement des fondations ; on procède aussi à la démolition des amphithéâtres et salles de cours situés juste derrière l’Hôtel Fumé (amphi Descartes, salles Richelieu, Bacon, Liard, E. Faguet).

Novembre 1957 : les deux premiers bâtiments construits en terrasse derrière l’Hôtel Fumé sont en voie d’achèvement ; deux autres bâtiments sont prévus en contre bas sur les terrains que les bulldozers commencent d’aplanir.

1957-1958 : pendant toute l’année universitaire, les travaux se poursuivent pour la construction de la nouvelle Faculté. A la rentrée 1958, la Faculté dispose des deux premiers bâtiments qui mettent à son service 7 salles de cours, 1 laboratoire de psychologie, 8 salles de travail-bibliothèques pour les étudiants dont une spécialement réservée aux étudiants de l’IPES et 8 bureaux pour les professeurs.

23 juillet 1958 : transformation par décret de la Faculté des Lettres en Faculté des Lettres et Sciences Humaines.

Janvier 1960 : entrée en service du nouvel amphi Descartes ; le directeur général de l’enseignement supérieur Gaston Berger (créateur du Centre d’études supérieures de civilisation médiévale (CESCM) et accessoirement père du danseur et chorégraphe Maurice Béjart) y donne la conférence qui inaugure le cycle des conférences de l’Institut d’Action universitaire. La construction du troisième bâtiment se poursuit.

Novembre 1960 : mise en service du 3ème bâtiment qui comprend 2 grands amphis de 250 places, 8 bureaux de professeurs et un vaste local affecté à la géographie. La géographie libère de la place dans l’Hôtel fumé, ce qui permet l’installation d’un secrétariat désormais autonome (jusqu’en 1960, les facultés de Droit, de Lettres et de Sciences ont un secrétariat commun)

1960-1961 : achèvement des travaux de modernisation et de reconstruction de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines à la grande satisfaction du doyen Lavaud :

“Actuellement dotée de trois bâtiments complètement neufs, pourvue de 15 amphithéâtres et salles de cours vastes et pratiques, de salles de travail pour les étudiants des diverses disciplines, notre faculté peut, présentement et pour un prochain avenir, répondre aux besoins de l’enseignement, et envisager, sans trop d’appréhension, un accroissement du corps enseignant et du contingent des étudiants […] l’entrée en service du bâtiment III a permis d’affecter uniquement l’ancien Hôtel Fumé, impropre aux besoins modernes de l’enseignement aux services de l’administration et du secrétariat. Le transfert du secrétariat de la Faculté, de la place Notre-Dame à l’Hôtel Fumé, a donné d’excellents résultats […] la rentrée de 1961 a vu s’achever la transformation de l’ancienne salle Sainte-Marthe, dernière salle de cours des anciens bâtiments, en salle d’inscription pour les étudiants“.

1961-1962 : les nouveaux locaux se révèlent rapidement exigus ; l’université entre en pourparlers en vue de l’acquisition d’immeubles anciens, rue de la Chaîne et rue des Carmélites.

1962-1964 : la Faculté aménage au n°36 de la rue de la Chaîne un immeuble ancien. Les projets de reconstruction de la Faculté en dehors de la ville, déplore le doyen Lavaud, qui permettraient à la Faculté de s’étendre indéfiniment, demeurent encore dans le domaine des bonnes intentions… Dès la rentrée 1964, la Faculté connaît à nouveau la pénurie des locaux… Jacques Lavaud est admis à la retraite à la fin de l’année 1964 et Raymond Cantel lui succède comme doyen.

1968-1970 : l’amphi Descartes est l’un des hauts lieux du mouvement de 1968. Fin 1969, la Faculté des Lettres et Sciences Humaines compte 5 045 étudiants (chiffre indiqué par Carol Heitz qui préside le Conseil de gestion) alors qu’elle n’en comptait que 860 en 1945. Le 4 novembre 1970, les nouveaux statuts de l’université sont adoptés par l’Assemblée constitutive et la Faculté éclate en quatre Unités d’Enseignement et de Recherche (UER) qui se répartissent sur deux sites : l’Hôtel Fumé et les nouveaux locaux du campus nord. Les langues vivantes « montent » sur le campus en compagnie des géographes et des psychologues qui appartiennent désormais à une autre UER. Les autres disciplines de Sciences Humaines restent à l’Hôtel Fumé qui devient dès cette date le siège administratif de la mouvance « Sciences Humaines ». Les Lettres hésitent à déménager complètement et conservent une enclave dans l’« AF » : l’Ancienne Fac ! Elles ne se retirent complètement de l’Hôtel Fumé qu’au début des années 90.

1984 : la loi de 1984 transforme les UER en UFR (Unités de Formation et de Recherche). L’UFR Sciences Humines et Arts, communément appelée Faculté des Sciences Humaines et Arts (SHA) a son siège à l’Hôtel Fumé.

1995 : restauration de l’Hôtel Fumé (bâtiment historique) sous la présidence d’Alain Tranoy.

2000 : l’opération de restructuration de la Faculté des Sciences Humaines est inscrite au Contrat de plan État-région sous la présidence d’Éric Espéret (doyen de SHA : Jean-Michel Passerault) pour un montant de 64 millions de francs ; elle ne peut être réalisée avant l’achèvement du plan en 2006.

2007 : l’opération de restructuration de la Faculté des Sciences Humaines est réinscrite au Contrat de plan État-région sous la présidence de Jean-Pierre Gesson (doyen de SHA : Yves Jean) pour un montant de 11,2 millions d’euros (État : 4,9 ; conseil général de la Vienne : 3,1 ; Région Poitou-Charentes : 1,8 ; Ville de Poitiers : 1,4).

Janvier 2009 : début des travaux sous la maîtrise d’ouvrage du rectorat ; l’architecte est Philippe Bodin. Pendant les travaux, les 2 600 étudiants de la Faculté des Sciences Humaines et Arts (hors campus) sont installés dans les locaux de l’ex-Faculté de Médecine (site Malraux).

5 novembre 2010 : inauguration des bâtiments rénovés.


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